Chapitre1
Je posais l’œil droit sur le miroir puis l’autre, ainsi jusqu’à voir enfin tous mes yeux dans dedans. Je me souviens que c’était mon nez qui prenait la première place dans le cadre réfléchissant. Le miroir est une surface réfléchissante, dans ce cas ci elle produisit une réflexion spéculaire qui me permit de me voir en train de me voir. Je ne sais si mon nez se voyait lui ou si c’est moi qui voyais mon nez. En tout cas il réagissait au contact du reflet. Il se tendait ou s’élargissait, essayant de trouver une harmonie avec le reste des choses posées là. C’est le miroir qui le faisait réagir comme cela, c’est le miroir qui l’avait agrandi au fil des ans, c’est le miroir qui m’avait fait penser qu’il s’était tordu. Ou alors ce n’était pas moi qui pensais tout cela mais le miroir. Je ne pense pas que ce soit le miroir qui ait pensé cela. Un miroir ça ne pense pas. C’est moi qui ait pensé. Un miroir ça ne bouge pas, ça ne pense pas, ça ne chante pas, ça ne change pas.
Chapitre 2
J’ai mis quelqu’un devant le miroir. Pour en avoir le coeur net, en finir avec ces niaiseries. Je me rappelle de sa réaction. Tout éberlué qu’il était, il me dit qu’il ne voyait rien d’un miroir, il prétendit que ce qui se trouvait alors devant lui, c’était moi. Ou quelque chose comme ça.
Chapitre 3
Je n’ai jamais réitéré l’expérience. J’ai bien peur d’avoir autre chose dans les mains qu’un miroir.
Chapitre
J’ai changé de lunettes un jour, juste pour voir. Ça n’a rien changé. Toujours au même problème de miroir. Mais depuis quelques temps je vois des grandes oreilles de lapin dans la réflexion. Parfois elles pendouillent et parfois elles se dressent sur ma tête comme deux étendards. Pourtant quand je passe la main sur ma tête ronde je ne sens rien. Oui des petites oreilles en choux fleurs, mais pas des oreilles de trente centimètres de haut.
Chapitre 6
Je ne peux plus faire confiance au miroir. Il change chaque fois que je pose mes yeux dessus. Je ne sais plus quoi faire pour en finir avec cette affaire.
Chapitre 7
J’ai décidé de mettre fin à ces enfantillages. J’ai mis une couche de peinture dessus pour arrêter la réflexion.
Chapitre 8
Ça continue